À propos

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mathieu.charbonneau1 [AT] gmail.com
Central European University, Budapest
Science Studies Program
Department of Philosophy
Department of Cognitive Science
Social Mind Center

Biographie

J’ai obtenu  mon doctorat en philosophie de l’Université de Montréal (2013) sous la supervision de Frédéric Bouchard. Ma thèse s’intéresse à l’emploi du raisonnement par analogie comme moyen de structurer et de justifier le transfert de cadres théoriques et explicatifs d’une discipline scientifique à une autre. J’y ai pris comme cas d’étude l’analogie faite entre hérédité génétique et apprentissage social. Je suis actuellement un chercheur postdoctoral au Science Studies program à la Central European University (CEU), à Budapest. Mes recherches s’intéressent à la distribution cognitive en science et à l’impact de l’introduction de nouvelles technologies comme méchanisme de changement scientifique, plus particulièrement en paléoarchéologie. Je suis aussi membre du Social Mind Center, aussi situé à la CEU.

J’ai récemment complété un séjour postdoctoral à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), en collaboration avec Christophe Malaterre, ainsi qu’au Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST). Pendant ce temps, j’ai co-organisé avec Christophe Malaterre et Frédéric Bouchard le congrès 2015 de la International Society for the History, Philosophy, and Social Studies of Biology (ISHPSSB 2015) à Montréal. J’ai aussi complété un séjour de recherches post-doctorales de deux ans (2013-2015) au KLI Institute. Ce projet de recherche s’intéressait aux fondements développementaux de l’évolution culturelle (description du projet ici (en anglais); biographie ici (en anglais)).

Ma recherche se situe en premier lieu dans le domaine de la philosophie des sciences (biologiques et sociales). Mon travail de thèse porte sur l’emploi d’analogies entre les sciences biologiques et les sciences sociales, notamment l’analogie de l’hérédité culturelle employée comme fondement de la théorie de l’évolution culturelle. J’ai développé un cadre d’analyse et de formalisation du transfert interdisciplinaire de concepts explicatifs et de théories scientifiques qui m’a permis d’identifier certains problèmes liés à la naturalisation des sciences sociales. Mes recherches actuelles poursuivent ce projet en développant un langage interdisciplinaire favorisant les interactions théoriques et empiriques entre les sciences biologiques et les sciences sociales, particulièrement l’anthropologie et l’archéologie (2015a, 2015b, 2016a, 2016b, accepté). Cette approche interdisciplinaire me permet d’évaluer l’intégration et la cohérence des différentes traditions archéologiques, principalement l’archéologie française et l’archéologie américaine. J’emploie les modèles d’espaces de la variation et les concepts explicatifs (tels que les notions de contraintes évolutives, d’évolvabilité, etc.) de la biologie développementale évolutive (Evo-Devo) et examine leur emploi dans l’explication de l’évolution des techniques et technologies humaines, principalement les technologies préhistoriques. En effet, je travaille à montrer que la notion de ‘chaînes opératoires’ peut être adaptée à un projet de naturalisation de l’archéologie justement par l’emploi de modèles généraux des espaces de variation, tels qu’utilisés par la Evo-Devo. Finalement, je m’intéresse aussi au développement de la théorie de l’évolution darwinienne et à sa généralisation à l’extérieure de la biologie évolutive, principalement dans le cadre des théories de l’évolution culturelle (2014, 2015a, 2016b).

Un second objectif de recherche est d’enrichir l’épistémologie et la philosophie des sciences en développant la théorie de la cognition distribuée, théorie selon laquelle nous employons notre environnement matériel et social comme moyens pour résoudre des tâches cognitives (2010, 2013, 2015b). L’originalité de mes recherches consiste à développer cette théorie dans une perspective à la fois épistémologique, historique, et naturaliste, tout en examinant l’impact cognitif du développement de nouvelles techniques et technologies de recherche scientifique. En effet, la cognition scientifique est distribuée de manière systématique entre des scientifiques spécialisés et leurs instruments. Un changement instrumental a souvent pour effet de redéfinir les tâches cognitives déterminantes pour la recherche. Ainsi, je m’intéresse au développement des modèles moléculaires employés par les biologistes moléculaires pour étudier la structure et les différentes conformations de biomolécules et à l’impact que le passage de modèles matériels de molécules (modèles faits de plastique et de métal) aux modèles virtuels (modèles sur ordinateurs) a eu sur le développement de cette science. J’étudie aussi le rôle de l’introduction (et des transformations majeures) des techniques de datation au radiocarbone (carbone-14) sur la structure sociale et les pratiques épistémiques des archéologues. Je m’intéresse ainsi au fonctionnement de ces systèmes de cognition distribuée en étudiant l’impact des technologies sur le développement historique des sciences et sur l’impact de nouveaux instruments et techniques sur la manière dont les scientifiques organisent leurs programmes de recherche. Comprendre la co-évolution de ces pratiques et du changement technologique c’est alors comprendre pourquoi et comment les chercheurs organisent leurs questions de recherche ainsi que leur environnement social et matériel.